Chaque année, je me pose la même question
“Est-ce que je fais assez pour avancer les droits des femmes ?” Franchement, cette année, je suis fatiguée. D’abord, parce qu’en regardant les unes des journaux, les droits des femmes reculent partout. L’avortement est restreint aux États-Unis et en Pologne. En Afghanistan, les femmes n’ont plus le droit de parler en public. En France, il faudrait encore trente ans pour combler les écarts de salaire. Mais ce n’est même pas ça qui m’épuise. Ça m’inquiète, ça me terrifie, mais ce n’est pas le sujet. Ce qui me fatigue, c’est le 8 mars, la journée des droits des femmes. En quinze ans, on est passés des roses distribuées dans le métro à une conversation plus large sur les droits des femmes - enfin, presque. Les entreprises organisent des conférences, annoncent des dons. Les plateaux télé enchaînent les débats, pour le meilleur et pour le pire, et les politiques multiplient les discours.
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