L'argent, c'est comme le tabac, c'est tabou

C'est qui la Boss ? c'est la newsletter qui filtre l'empowerment, la pop culture et la vie pro pour ta pause café. Ici la team C’est Qui La Boss, et cette semaine on parle de notre rapport compliqué avec la kichta.

C'est qui la Boss ?
5 min ⋅ 26/02/2026

L’argent est tabou en France ?

C’est ce qu’on lit sur les réseaux sociaux en tous cas. Des posts LinkedIn, des Reels sur Instagram, des podcasts de formateurs et entrepreneurs nous répètent à quel point on a un souci avec l’argent en France.

Mais est-ce que c’est vrai ? Alors effectivement, on peut dire qu’ici, on a une relation un peu plus discrète avec l’argent. C’est vrai que poser la question “Et toi, combien tu gagnes ?”, ça ne se fait pas.

Quand on recherche un peu les origines de ce tabou, on peut notamment lire un super article du magazine Ça M’intéresse qui l’explique par deux grands axes.

Premièrement, l’héritage paysan, rapporté par la sociologue Janine Mossuz-Lavau dans un article pour France Info en 2013. D’antan, la plupart des Français venaient de familles rurales. L’usage ? Conserver son argent en liquide à la maison (le fameux matelas de billets), mais en n’en parlant surtout pas : on faisait attention aux jalousies, et donc au vol. De l’autre, notre héritage judéo-chrétien serait en cause. En effet, dans la religion catholique, l’enrichissement personnel est rarement érigé comme un but à poursuivre. Les hommes et femmes d’Eglise font même voeu de pauvreté.

En 2026, l’argent est-il encore plus touchy qu’avant ?

D’un côté, on a une société dans laquelle le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a explosé, des faits-divers remplis de cambriolages et d’enlèvement d’entrepreneurs contre rançon. Donc on peut se dire que oui, il vaut mieux rester discret sur ce sujet.

De l’autre, on a des contenus sur les réseaux qui parlent ouvertement de fric, avec un rapport parfois complètement biaisé par rapport à la réalité (un jour on vous parlera de ces jeunes à qui les écoles promettent 5 000 € de salaire en sortie d’études, promis). Et on se dit qu’un peu d’éducation financière ne ferait pas de mal.

Donc est-ce que l’argent est tabou ? Impossible de répondre avec certitude, mais ce qui est sûr, c’est que ça reste un sujet sensible, qui à matière à débat… Et dont on va parler avec notre Boss de la semaine.

La Boss de la semaine

Cette semaine, on reçoit Nihel Bemrah, qui n’est autre que notre COO ! Parce qu’elle est à la tête de notre média et parce qu’elle est aussi entrepreneure (elle a créé la start up Nanny Please en 2016), on s’est dit que ça ferait une super Boss à interroger sur ce sujet.

« Le rapport à l’argent, c’est le grand écart permanent. D’un côté, notre héritage culturel français et féminin nous murmure "vivons heureux, vivons cachés" ou “l’argent est sale”. De l’autre, on subit l’agression visuelle des réseaux sociaux où l’argent est synonyme de jet privé et de logos partout. Résultat ? C’est devenu hyper chelou d'en parler.

Avoir peur d’aborder le sujet, c’est pas forcément avoir peur de réussir, mais c'est souvent une peur de ce que l'argent ferait de nous. On a peur de perdre notre authenticité à cause de ce que renvoient les réseaux. Pourtant, l'argent n'est pas une fin en soi, c'est un carburant pour tes projets réels. Voici mes conseils pour te détacher de ce rapport compliqué à l’argent :

  1. L'argent est ton allié : Si tu as peur d'en parler, essaye de travailler dessus, l'aide d'un.e professionnel.le peut t’aider. L'argent facilite la vie et réduit la charge mentale. La vie est déjà assez complexe ; ne pas pouvoir payer ses factures est une souffrance qui empêche de se projeter. L'argent, c'est de l'oxygène et de la liberté.

  2. Fais l'exercice du "Cash Burn": considère-toi comme une entreprise et calcule ton coût de la vie : ⁠le salaire "Survie" : Additionne tes frais fixes (loyer, charges), tes frais ponctuels, tes plaisirs, tes vacances et ton épargne. C’est ton minimum vital. Si tu l’as déjà : psahtek ! Sinon, c'est ta base de négociation immédiate ou de réflexion de changement. Fais ensuite ton salaire "Goal Baby" : pas de limites. Un appart plus grand, des restos, ce tailleur de rêve, des investissements massifs. Tu verras qu'on reste souvent raisonnable (on ne cherche pas le salaire de Carlos Tavares !). Ce montant, c'est ton objectif à 5 ans. Perso, j'ai fait ça il y a 3 ans, je l'atteint si tout va bien l'an prochain. Mais entre-temps, j'ai eu un bébé (et ça coûte un bras !), donc j'ai refais le calcul et j'ajuste mon timing à 2 ans de plus, mais le cap est fixé.

  3. Mise sur l’immobilier locatif : on ne nous l'apprend pas à l'école (contrairement à l'utilisation du compas, super utile au quotidien, n'est-ce pas ? 🙄), mais c'est accessible, même en freelance. La règle d'or : L'appartement doit te rapporter de l'argent chaque mois, jamais t'en coûter. Le calcul : Loyer - (Crédit + Taxe foncière + Charges + Matelas de sécurité) = +100€ minimum. L'astuce : Monte une SCI pour ne pas être limitée par le nombre de crédits.

Mon ambition ? En acheter 10 sur les 10 prochaines années. Dans 25 ans, ces loyers assureront ma liberté et offriront à mon fils le luxe de choisir sa vie : investir, faire le métier de ses rêves ou parcourir le monde. »

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Au sommaire du premier numéro : société, culture, politique, sports, horoscope, météo, conseils boursiers, fact-checking (inutile depuis 1826), jeux, courrier des lecteurs… et une Une déjà culte.

Côté modèle économique, Le Gorafi reste fidèle à ses engagements : les mêmes ambiguïtés que les autres journaux, mais à un tarif indexé sur les impôts des grandes fortunes.

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A la semaine prochaine !

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